C'est le 29 Avril 1994 que tombe le dernier communiqué de presse de Commodore :
"Commodore International Limited announced today that its Board of Directors has authorized the transfer of assets to trustees for the benefit of its creditors and has placed its major subsidiary, Commodore Electronics Limited, into voluntary liquidation. This is the initial phase of an orderly liquidation of both companies, which are incorporated in the Bahamas, by the Bahamas Supreme Court. This action does not affect the wholly-owned subsidiaries which include Commodore Business Machines (USA), Commodore Business Machines Ltd. (Canada), Commodore/Amiga (UK), Commodore Germany, etc. Operations will continue normally."
Concrètement, Commodore est mis en liquidation : c'est la fin d'un géant. C'était il y a dix ans jour pour jour et pour commémorer cet anniversaire, Emu Nova vous propose de (re)découvrir l'histoire de ce géant de l'informatique. De son émergence sur le marché des machines à écrire à son rachat par l'allemand Escom, en passant par des machines aussi prestigieuses que le Vic-20, le C64 ou l'Amiga et d'autres moins connues comme le C128 ou le C +/4, c'est un récit riche en événements qui vous attend.
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Jack Tramiel
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Pour bien comprendre ce que sera l'histoire de Commodore jusqu'en 1984, il faut revenir quelque peu sur quelques éléments biographiques de son fondateur. De son vrai nom Idek Tramielski, Jack Tramiel naît à Lódz en Pologne en 1927 et a 12 ans quand les troupes de la Wehrmacht envahissent son pays. Déporté avec sa famille à Auschwitz où il est brièvement examiné par le docteur Mengele, il perd son père et est un des rares survivants des 200 000 Juifs de sa ville natale quand les soldats Américains les libèrent en 1945. Sans aucun doute faut il voir dans cette expérience un des éléments qui feront de cet homme un des plus redoutables businessmen du monde informatique : fondateur de Commodore il dirigera ensuite Atari pendant une dizaine d'années. "Business is war" (Le business, c'est la guerre) sera son moto, resté bien connu.
Après deux ans d'errance en Allemagne, il émigre pour les Etats-Unis en 1948 où il intègre l'Armée Américaine. Il y démontre de grandes aptitudes à réparer les appareils mécaniques, et particulièrement les machines à écrire. Cet élément, si trivial qu'il puisse paraître, déterminera son avenir.
Suite à son service de 4 ans dans l'Armée, Tramiel accepte un travail de réparateur de machines de bureau avant de le quitter et de fonder sa propre entreprise (dans le même domaine) dans le Bronx en 1953 avec un ami, Manny Kapp : Commodore Portable Typewriter. Entre temps, il obtient la nationalité Américaine. Les temps sont pourtant durs et ce n'est pas sa petite entreprise de réparation qui lui permet de nourrir sa famille, aussi doit-il cumuler à ses occupations le travail de chauffeur de taxi la nuit. Il réussit néanmoins à obtenir un contrat d'exclusivité avec l'Université de Fordham et se sert de ses contacts à l'Armée qui permettent de maintenir l'entreprise à flot.
Mais s'offre l'opportunité de récupérer et de recycler des pièces usagées que saisit rapidement Tramiel. A partir de ces pièces il réassemble et revend des machines à écrire à peu de frais. Son ambition ne s'arrête pas là : la prochaine étape doit passer par l'importation de machines à écrire Olivetti. Seul problème, les règles d'importation américaines, extrêmement restrictives car les Etats Unis font alors preuve de protectionnisme.
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L'entreprise ne peut dès lors plus être hébergée ici et Jack Tramiel déménage à Toronto, au Canada, en 1955 où est fondée Commodore International en 1959. L'entreprise peut dès lors s'étendre sur le marché des machines à écrire, d'abord grâce au contrat d'importation avec Olivetti puis avec un juteux contrat de sous-traitance avec une entreprise basée en Tchécoslovaquie. L'argent aidant, Commodore commence à produire ses propres machines après le rachat d'une usine à Berlin.
La progression permet à Commodore d'entrer en bourse en 1962, avec une action débutant à 2,5$ et plus tard de devenir l'un des principaux acteurs de son marché. Le siège à Toronto est renommé CBM (Commodore Business Machines), nom qu'il conservera jusqu'à sa chute, et Jack Tramiel en est naturellement le Président. Morgan Powell, Président de la banque Atlantic Acceptance qui a prêté 5 millions de dollars à Commodore, en est le Président du Conseil d'Administration. Au niveau international, Commodore est connu sous le nom Commodore International Limited.
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Irving Gould
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Cette expansion a pourtant un prix et les dettes contractées par Jack Tramiel se ressentent lourdement. En 1966 éclate le scandale Atlantic Acceptance, dans lequel Morgan Powell est le premier inculpé, pour "actes de rapacité" et manipulations frauduleuses. Logiquement, la commission d'enquête s'intéresse à Commodore. La mort de Morgan Powell d'une leucémie mettra un coup d'arrêt à l'enquête mais cette affaire laisse à Commodore une publicité dont elle se serait bien passée. C'est Irving Gould, un juriste et financier Canadien qui va sauver la mise en renflouant l'entreprise de 400 000 $ en échange du poste occupé précédemment par Powell et de 17% des parts. Ce personnage aura, on le verra, une importance décisive dans l'avenir.
Un problème arrivant rarement seul, le marché des machines à écrire devient de plus en plus difficile à la fin des années 60 et le marché Nord-Américain se voit inondé par la production japonaise, nettement moins chère... Sur les conseils d'Irving Gould, Jack Tramiel se rend au Japon dans le but de s'inspirer de leur méthode de travail. Il y découvre un nouveau produit...
De retour, Tramiel signe un contrat avec Texas Instrument qui lui fournit dès lors des puces électroniques : en 1969, Commodore est la première entreprise proposant la machine à calculer électronique sur le sol Américain avec la C108. Même si elles valent alors plus de 100$, cela ne les empêche pas de se vendre comme des petits pains. En 1974, la gamme s'étend aux calculatrices scientifiques et aux machines programmables. Commodore récolte donc les fruits de l'innovation et la fortune lui semble acquise... Oui mais... Oui mais se passe en 1975 un événement plus que facheux : TI se décide à se lancer sur le marché des calculatrices (avec le succès que l'on sait)! Nouvelle catastrophique pour Commodore qui doit désormais affronter son propre fournisseur sans pouvoir rompre le contrat! Il s'avère que TI a la capacité de vendre ses calculatrices moins cher que ce que cela coûte à Commodore pour les produire... Les résultats ne se font pas attendre.
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La CBM C108
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La CBM 217
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La CBM 412
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Le prix des puces tombant de 12$ à 1$, Commodore voit s'entasser dans ses hangars des calculatrices invendables car trop chères, même à prix coûtant. L'année 1975 qui se cloture par 5 millions de dollars de perte (sur un chiffre d'affaire de 60 millions de dollars) laisse entrevoir la situation critique d'une firme toujours lourdement endettée...
La situation pour Commodore n'est donc guère encourageante en 1976 : de lourdes dettes, un stock invendable, un marché des machines à écrire saturé et un concurrent inattaquable en la présence de Texas Instrument sur celui des calculatrices... Il faut non seulement changer de marché mais aussi de structure.
Plus facile à dire qu'à faire d'autant que l'entreprise manque d'argent. Encore une fois, c'est Irving Gould qui assurera un prêt garanti, cette fois-ci de 3 millions de dollars. De son expérience avec Texas Instrument, Jack Tramiel dira plus tard : "J'ai alors senti que le seul moyen de poursuivre dans le marché de l'électronique était de contrôler notre propre destinée". Pour Commodore, il s'agit donc de contrôler le plus possible la chaîne de production, du début à la fin, et de se passer des sous-traitants et des fournisseurs autant que faire se peut.
L'argent d'Irving Gould sera donc investi dans plusieurs rachats, devant permettre à Commodore de faire sa place dans le marché des semi-conducteurs. Tramiel rachète notamment Frontier, une entreprise californienne produisant des CMOS et des semi-conducteurs ainsi que MDSA, un producteur d'écrans LCD.
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Chuck Peddle
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L'acquisition la plus significative est néanmoins celle de MOS Technology en Novembre 1976. MOS Tech, fondée en 1975 par un ancien ingénieur de Motorola, Chuck Peddle, est alors au bord de la faillite suite à un procès avec... Motorola. Elle apporte pourtant un énorme savoir-faire et surtout un processeur, un processeur qui n'est autre que le 6502 et qui sera l'une des "stars" des années 80. On le retrouvera dans de nombreuses machines sous des formes plus ou moins modifiées : Apple I et ][, Atmos, Atari XL/XE, Nintendo NES (6502c), Atari VCS 2600 (6507), Atari Lynx (65c02), NEC PC Engine (Hu6280, basé sur un 6502)... et bien sûr les futurs ordinateurs de Commodore. MOS sera durant toute l'Histoire de Commodore un élément critique de la boite.
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Le MOS 6502, un des gros succès de MOS
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Car Chuck Peddle va réussir à convaincre Tramiel que le prochain marché est celui des ordinateurs personnels. Le patron de Commodore sachant qu'il n'y avait guère de possibilité de revenir sur le marché des calculatrices, il lui donne 6 mois pour concevoir un prototype. Six mois c'est peu, mais MOS avait déjà présenté durant l'été 1976 un prototype de carte-mère accueillant le 6502. Si le KIM-1 (le nom de ce prototype) n'existait en soit que pour faire la démonstration du microprocesseur, il est aussi le premier ordinateur avec une carte-mère d'une seule pièce (singleboard).
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Le KIM-1
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| CPU | 6502@1Mhz |
| RAM | 1Ko |
| ROM | 1Ko embarquée |
| Entrées/Sorties |
15 ports bidirectionnels I/O, Interface pour lecteur de cassettes,
clavier numérique, affichage par LEDs
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| Année | 1976 |
Jack Tramiel n'était pas enthousiasmé par le KIM-1 et ne souhaitait pas que Commodore le commercialise. Mais il servira de base au futur ordinateur que doit concevoir Chuck Peddle, assisté du second fils de Jack, Leonard Tramiel. Cet ordinateur justement, le moins qu'on puisse dire c'est que l'ingénieur va intensément travailler dessus, si bien qu'un prototype ne tarde pas à pointer le bout de son nez : le PET (Personal Electronic Translator) était né. Le nom n'est pas choisi par hasard, car pet en anglais signifie animal domestique (chien, chat...). A une époque où les ordinateurs personnels étaient vendus en kit, obligeant l'utilisateur à jouer du fer à souder, et très complexes, le PET est vendu complet et joue sur sa simplicité d'utilisation.
Pendant ce temps, Commodore se restructure de façon profonde, adoptant une hiérarchie verticale beaucoup plus organisée. Si le siège reste à Toronto, les unités de production sont basées à Palo Alto, dans les anciens locaux de Frontier. Quand au siège financier, il est installé aux Bahamas.
Tramiel va d'abord présenter le PET à Tandy qui était alors une compagnie majeure (notamment grâce à sa joint-venture avec Radio Shack, spécialisée dans l'équipement météorologique), espérant qu'ils le distribuent. Tandy observe et se montre intéressé... tellement en fait qu'ils décident de construire leur propre ordinateur, le TRS-80! Déçus, Tramiel et Peddle ne perdent pas courage et le PET 2001 est présenté in extremis au CES de Chicago de 1977. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'avec son écran trapézoïdal, on croirait le bidule sorti de la série Star Trek, un look futuriste qui aujourd'hui fait plus que kitsch! ;) Mais les caractéristiques, en regard du prix de la machine, sont franchement alléchantes. La machine est solide, tout-en-en un et dispose de 8Ko de RAM, ce qui est royal. On regrette juste le clavier, peu ergonomique au possible avec ses touches minuscules.
L'accueil est largement supérieur aux attentes, d'autant que Jack Tramiel annonce pouvoir livrer dans les six semaines après commande, du jamais vu. Dans les semaines qui suivent, Commodore est harcelé de coups de fils de revendeurs recherchant à obtenir le droit de distribution : le montant des pré-commandes monte à 3 millions de dollars. Le succès, tant recherché, est enfin à portée de main!
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PET 2001
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| CPU | 6502@1Mhz |
| RAM | 4Ko (prototype), 8 à 32Ko (modèles commerciaux) |
| ROM | 14Ko |
| Graphismes | Mode texte 40x25 monochrome |
| Son | Beeper intégré |
| Médias | Lecteur de cassette intégré |
| Année | 1977 |
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Et le succès est bien là, même si on voit déjà les premiers couacs dans la politique commerciale de Commodore. Le département marketing de Commodore a en effet été un peu optimiste quand aux frais de production et l'ordinateur, annoncé d'abord à 495$, passe rapidement à 595$. Une offre à 795$ avec 4Ko de RAM supplémentaire est également disponible. Cela n'empêche pas le succès et Commodore peut se permettre d'imposer ses conditions aux revendeurs, qui doivent présenter entre autres un excellent passif au niveau des paiements, disposer d'un technicien agréé et joindre une avance de 200$ à toute commande.
Tramiel va cependant prendre une décision lourde de conséquences sur les rapports entre son entreprise et les petits revendeurs en négociant avec les grands distributeurs. En leur accordant le droit distribuer le PET, il neutralise tous les efforts déployés les petits revendeurs, les mettant en concurrence directe avec les grands et ce, dans des conditions déplorables. Ceux-ci s'en souviendront toujours et Commodore devra en payer le prix plus tard. En attendant, cela permet aux PET de toucher un vaste public.
Le marché où le PET a le plus de succès est incontestablement l'éducatif. Le PET est en effet l'ordinateur le plus couramment rencontré dans les écoles nord-américaines et tient à lui seul 60% du marché des écoles publiques canadiennes. La principale raison? La solidité. Casser un PET est extrêmement difficile tant la machine est robuste (même si d'après une légende, il est possible de cramer le lecteur de cassette en forçant le démarrage/arrêt du moteur dans une boucle infinie, après avoir poké une IRQ). Autre marché à succès pour le PET, la bureautique.
De nombreux modèles de PET vont succéder au 2001 et la machine commence à s'exporter en Europe. Néanmoins la politique de Commodore va forcer un tassement des ventes. En effet, dans l'espoir d'empêcher toute upgrade sur ses machines, les nouveaux matériels et logiciels disponibles ne sont pas compatibles avec les anciens modèles de PET. On imagine combien l'utilisateur a pu être frustré, d'autant que le concurrent direct Radio Shack, n'a pas commis la même erreur avec son TRS-80, moins cher qui plus est. Après un départ en fanfare, les ventes de PET s'essoufflent rapidement et en 1979, il est derrière l'Apple ][ et le TRS-80 Model 1 malgré la sortie d'un PET 2001 amélioré, le split entre un modèle personnel et un modèle professionnel et la sortie des premières imprimantes estampillée du C=. Cela n'empêche pas Commodore de rélocaliser ses unités de production de Palo Alto à Santa Clara, dans des locaux plus grands. La même année, une page se tourne avec le départ de Chuck Peddle qui, en désaccord avec la vision de Tramiel, rejoint Victor avant de participer à la fondation de Sirius.
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Le SuperPET
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Les modèles suivants du PET n'auront pas le même succès que le 2001, que ce soient les PET 40xx ou les PET 80xx mais ils seront bien placés dans le domaine de la bureautique où ils se vendent bien. L'annonce du SuperPET (également appelé Micro-Mainframe 9000) en 1980, développé avec l'Université de Waterloo (Ontario, Canada) permet néanmoins un premier essai réussi dans le domaine scientifique et est le premier ordinateur à associer deux processeurs (même si on ne peut pas parler de multi-processoring). Basé sur un PET 8000, la bête n'arbore pas moins de deux microprocesseurs (un MOS 6502 et un Motorola 6809 tous deux à 1 Mhz) travaillant ensemble sur la même tâche, 96Ko de RAM et 48Ko de ROM embarquant le Commodore BASIC 4.0. Pour 2000$ c'est une machine destinée aux scientifiques et aux universités à un prix attrayant. La gamme PET s'éteindra en 1984, après une longue carrière.
Mais qu'importe si le PET est obsolète, Commodore a déjà préparé la relève. Cela fait déjà un moment que Tramiel observe ses principaux concurrents, Apple et TRS. C'est sur le marché domestique que ceux-ci ont le plus de succès, et c'est là que Commodore doit frapper. Et c'est ainsi que naît le projet The Other Intellect. Projet ambitieux s'il en est car il consiste à proposer un ordinateur couleur pour moins de 300$.
Le projet se concrétise avec le VIC-1001. Le nom VIC provient tout simplement de son chip qui permettait de restituer des graphismes en 8 couleurs et de générer de la musique sur 3 voix. La présence d'un chip dédié à certaines tâches est alors une première. Bien entendu pour atteindre un tel prix il fallait faire une concession : les 5Ko de RAM sont largement insuffisants et la majorité des jeux nécessiteront la coûteuse extension de 16Ko de RAM. La machine est lancée fin 1980 au Japon.
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Le VIC-20
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| CPU | 6502@1Mhz |
| RAM | 5Ko (16 pour le SuperVIC) |
| ROM | 8Ko |
| Graphismes | 167x92 en 8 couleurs |
| Son | 3 voix |
| Médias | Cartouches, Cassettes (option), Disquettes (option) |
| Année | 1980 |
Pourquoi le Japon? Sans doute pour en faire un "marché-test". Une autre explication que j'ai pu lire serait une volonté de contrecarrer le projet MSX, un projet lancé par ASCII visant à créer un standard d'ordinateurs familiaux avec des spécifications précises (processeur Zilog Z80, au moins 8Ko de RAM...) et réunissant la majorité des boîtes qui comptent en Asie. Si telle était vraiment la volonté de Commodore, alors on peut estimer que le coup a réussi car le projet MSX n'a finalement abouti qu'en 1983, Sony et Matsushita préférant attendre avant de se lancer comme prévu en 1981.
La
machine, renommée VIC-20, est lancée aux Etats-Unis en Mai
1981 puis dans en Europe au prix de... 299.95$. Pari gagné donc et un succès
inimaginable. D'autant que Commodore va largement insister sur le marketing et
qu'une guerre des prix et de la pub va commencer. Le premier à attaquer le
dernier bébé de Tramiel sera Texas Instrument qui va largement largement
contribuer à la réputation de jouet dont le VIC-20 ne pourra jamais se dépareiller.
La réponse ne se fera pas attendre, Tramiel faisant en public la comparaison
entre le TI/99 et le VIC au niveau du rapport performances/prix suivie d'une
campagne de publicité comparative des plus agressives. La guerre
entre les divers acteurs fait rapidement tomber les prix, le VIC-20
se vendant vers la fin de sa carrière pour 55$.
Commodore profitera largement de cette guerre ouverte, son patron déployant tout son génie dans ce genre de situation. Au plus fort de la production, 9000 VIC-20 sortent des usines Commodore chaque jour et inondent le marché : en fin 1982, 750 000 machines se sont vendues dans le monde contre 600 000 Apple ][ et 575 000 TI99/4. L'Apple ][, de deux ans son aîné, a été dépassé, et en 1983, le VIC-20 deviendra le premier ordinateur à franchir le cap du million d'unités vendues.
Commodore ne s'arrête pas là et sort en 1982 le SuperVIC, équipé de 16Ko de RAM ainsi qu'un modem 1200 bauds. L'année 1982 est fait marquée, plus que par l'évolution du VIC, par une gamme de trois machines orientées vers les entreprises :
![]() Le BX 256 |
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P128
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B128
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BX256
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| CPU |
MOS 6509
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MOS 6509
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MOS 6509 + i8088 (z80 en option)
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| RAM |
128Ko
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128Ko
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256Ko (extensible à 960Ko!)
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| ROM |
40Ko
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40Ko
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40Ko
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| Graphismes |
Texte 80 colonnes
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320x200, 16 couleurs
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Texte 40 colonnes
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| OS |
Commodore BASIC 4.0
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Commodore BASIC 4.0
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COMMODORE BASIC 4.0 + CP/M
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| Année |
1982
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1982 (resté au stade de prototype)
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1982
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| Prix |
1000$
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prévu à 1700$ (non commercialisé)
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3000$
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Mais ces trois machines n'auront pas de réel impact (le B128 n'a vraisemblablement même pas été commercialisé) si bien qu'en réalité tous les regards se tournent vers un mystérieux VIC-30...
Le ciel n'est pourtant pas aussi bleu que cela chez Commodore : toujours en 1982, Jack Tramiel claque la porte de Commodore pour y revenir quelques semaines plus tard... Prémisse des nuages qui s'amoncellent à l'horizon...
VIC-30, c'est la première appellation qu'on a donné à la nouvelle machine de Commodore. Nom qui ne sera toutefois pas conservée, probablement à cause de cette réputation de jouet qui aura été tout au long de sa carrière le stigmate du VIC-20. A moins que la stratégie marketing de Commodore n'ait voulue d'emblée faire de cette machine le continuateur d'un si grand succès, avant de le renommer. Au final, la machine, présentée en Janvier 1982 au CES d'Hiver de Chicago pour être lancée en Septembre, sera nommée C64. Examinons en les caractéristiques techniques.
| CPU | MOS 6510@1Mhz |
| RAM | 64Ko |
| ROM | 20Ko (MS BASIC) |
| Graphismes | 320x200 en 16 couleurs, scrolling câblé avec possibilité de zoom, 8 sprites affichables en 24x21 (câblés) |
| Son | SID 3 voies sur 8 octaves |
| Année | 1982 |
| Prix au lancement | env. 5000FF |
Première constatation, la machine est pour l'époque très puissante et les 5000FF qu'elle vaut sont plus que justifiés. Le 6510 est une évolution du 6502, nettement plus puissante, et l'architecture graphique reprend celle des VIC, en ajoutant un scrolling et 8 sprites câblés. Le chip sonore, le fameux SID, conçu par un Robert Yannes qui avait déjà travaillé sur le VIC, est d'une qualité exceptionnelle et le son restitué par le C64 restera le meilleur toutes plates-formes confondues jusqu'à l'arrivée des machines 16/32 bits. C'est d'ailleurs la première fois qu'un chip strictement dédié au son est intégré dans ordinateur de ce type. Aujourd'hui encore, bien des passionnés recherchent les fameux fichiers au format SID. Par défaut la machine dispose d'un lecteur de cassettes mais on peut lui adjoindre le célèbre lecteur de disquette 5,25" 1541. Par la suite un lecteur de disquettes 3,5" offrant une capacité de 880Ko par disquette sera disponible mais relativement peu vendu car très cher. Le C64 conserve l'esthétique du VIC-20 avec un clavier mécanique de bonne qualité. Deux défauts se distinguent cependant : l'alimentation externe d'assez grosse taille et surtout la lenteur des lecteurs de disquettes, ceux-ci étant branchés en série. Reste néanmoins que le C64 offre des performances au-dessus de ses concurrents directs.
Le lancement du C64 a été minutieusement préparé. Ainsi Commodore a préparé d'importants stocks de machines afin d'assouvir le marché, suspendant temporairement pour cela la production de la plupart des machines (sauf le VIC). A cela s'ajoute la campagne de publicité la plus ambitieuse et la plus coûteuse de toute l'histoire de la firme, appuyant le fait que le C64 est l'héritier du VIC. C'est d'ailleurs ainsi que s'adresse Tramiel aux grands distributeurs tels que Toy's R Us ou Target, promettant par ailleurs qu'une logithèque aussi vaste que variée était en préparation. Les campagnes de publicité dans la presse seront agressives et percutantes, et un slogan marquera : "It's not how little it costs, it's how much you get" (difficilement traduisible, plus ou moins "ce n'est pas le peu qu'il coûte qui compte, c'est tout ce que vous pouvez en faire"). A cela s'ajoute lors du lancement une reprise de 100$ pour toute console ou ordinateur en cas d'achat d'un C64. Ce qu'on a parfois qualifié de Blitzkrieg publicitaire dans les médias américains porte plus que largement ses fruits et assurément, tout le génie marketing du patron de Commodore éclate au grand jour.
Car le C64 se vend de manière incroyable malgré un grand nombre de machines défectueuses dans les premières livraisons, problème auquel Commodore répond par une politique d'échange immédiat. En fin 1982, les ventes mensuelles du C64 dépassent celles de l'Apple pour s'établir dès Mars 1983 à un rythme de plus de 25 000 machines par mois. Bien entendue, cela attire les développeurs et les jeux sortent à foison. Les capacités de la machine en font un bon compagnon pour les PME et pour les étudiants. La machine connaîtra diverses évolutions, qu'on verra plus loin et restera jusqu'en 1987 la machine Commodore qui se vend le mieux et la production ne sera arrêtée qu'en 1990. Au final, le C64 est l'ordinateur familial qui s'est le mieux vendu dans le monde, avec 17 à 23 millions d'unités écoulées. Le papa du C64, Shiraz Shivji, quittera Commodore par la suite et participera à la création de l'Atari ST.
L'année 1983 reste la meilleure année de l'entreprise jusqu'à sa fermeture. Avec une croissance de 44.7%, l'année fiscale s'achève sur un chiffre d'affaire de 680 millions de dollars (souvenez qu'en fin 75, Commodore ne pèse que 60 millions de dollars!). Commodore dispose désormais d'usines en Europe et au Japon, occupe la première position sur le créneau des ordinateurs à moins de 1000$ avec près de 45% de parts de marché et sur le créneau de l'éducation (65% des écoles canadiennes sont équipées de machines Commodore).
Evidemment le C64 n'explique pas tout. Il faut remarquer que Commodore a alors une gamme de machines lui permettant de se positionner de façon compétitive sur la plupart des marchés : le VIC-20 pour l'entrée de gamme, les PET pour la bureautique, le C64 pour le moyen de gamme personnel et le SuperPET pour la recherche. Les analystes considèrent le succès de Commodore comme venant de sa capacité d'adaptation et de son offre variée et compétitive.
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Quand à la R&D (recherche et développement), ce ne sont pas moins de 37 millions de dollars qui lui sont allouée en 1983 ce qui permettra de réelles avancées techniques. Ainsi, le SX-64, présenté en 1983 est le premier ordinateur portable avec écran couleur. Basé sur un C64, la machine présente un écran 5" de belle qualité ainsi que deux lecteurs de disquette 5.25".
Allez savoir pourquoi, certaines années sont décisives dans certains secteurs, et c'est le cas de 1984 dans le monde de l'informatique grand public et du jeu vidéo. Et peut-être plus encore pour Commodore, cette période étant riche d'événements. Bien entendue, l'année est marquée par le fameux krach du jeu-vidéo qui entraînera la disparition de nombreuses machines (Coleco, Excelvision, Dragon32...) et le retrait de nombreuses entreprises du monde vidéo-ludique (Philips, Texas Instrument, Mattel...). Peu nombreux sont les survivants, même si certains arrivent à bien s'en sortir (Amstrad notamment, la valeur montante, qui parvient à absorber Sinclair). Dans un scénario apocalyptique, certains y virent la fin pure et simple des consoles de jeu-vidéo, souvent encore considérées comme une mode qui passerait. Il est vrai qu'en Europe, il faut attendre 1988-89 avec l'introduction de la NES pour voir un véritable retour des consoles. Cela dit, Commodore souffre moins que les autres de cette crise, grâce notamment à la diversité de sa gamme.
1984 est une année très contrastée pour Commodore. La hausse du chiffre d'affaire va lui permettre de franchir le cap du milliard de dollars et la firme peut faire étalage de sa puissance lors du premier World of Commodore à Toronto qui commémore les 25 premières années de son existence et qui est le premier salon informatique dédié à un constructeur. Les exposants viennent de Suède, de Turquie, du Japon... La grand messe de Commodore se déroulera tous les ans et sera un vrai événement. Il est aussi fait état de l'annonce d'un robot et un module de synthèse vocale connaissant 235 mots au départ sort pour le C64 : Commodore ne cache pas son intérêt pour tout ce qui concerne l'Intelligence Artificielle et la robotique. Enfin, le VIC-20 prend définitivement sa retraite.
Mais l'année est aussi parsemée de mauvaises nouvelles. Elle commence avec une annonce qui en a stupéfait plus d'un : en Janvier, Jack Tramiel annonce dans un communiqué de presse laconique son départ de Commodore. Ainsi, il écrit "personal reasons prevent my continuing on a full-time basis with Commodore" (des raisons personnelles m'empêchent de continuer à plein temps avec Commodore). Des interviews ultérieures dévoileront de nombreux conflits avec Irving Gould. On peut imaginer que la forte personnalité de Tramiel n'appréciait guère de ne pas avoir pleine liberté face au Conseil d'Administration dirigé par l'homme d'affaire canadien, mais la tournure que prendra la politique commerciale de Commodore dans les années qui suivent laisse à penser que les divergences à ce propos étaient profondes.
Le conflit ne date pas d'hier, on se souvient que Jack Tramiel avait déjà claqué la porte en 1982, pour revenir quelques semaines plus tard et on sait aujourd'hui qu'il a préparé son départ... En Juillet, Jack Tramiel prend position à la tête d'Atari dont il a racheté les départements d'ordinateurs et de jeux vidéos à Time Warner pour 240 millions de dollars. Time Warner ne conserve que la division arcade et la division communications (c'est le fameux split d'Atari). La boîte fondée par Nolan Bushnell est alors dans un état calamiteux, rongée par une crise qu'elle a contribué à générer. La firme a en effet perdu 536 millions de dollars en 1983 et des rumeurs prétendent que 2 millions de dollars s'évaporent chaque jour. Avec 51% des parts, Jack Tramiel contrôlera Atari avec ses fils d'une main de fer. On parle alors du "clan Tramiel".
Pour Commodore en tout cas, c'est plus que le fondateur qui s'en va, c'est aussi tout une politique qui va changer et des restructurations très importantes. Nommant les dirigeants à sa guise, Irving Gould sera désormais celui qui aura réel contrôle sur Commodore et son but est simple : faire de Commodore une entreprise tournée uniquement vers le profit. Mais en vérité, à partir de maintenant, la politique de Commodore sera plus chaotique, essayant de s'imposer dans un peu tous les domaines sans vraiment s'en donner les moyens.
Ainsi plusieurs machines sortent en 1984 et 1985, toutes des échecs. D'abord avec l'incompréhensible gamme C264. On y trouve deux machines :
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C Plus/4
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C16
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| CPU |
MOS 7501 @0.78Mhz ou 1.76Mhz
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| RAM |
64Ko
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16Ko
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| ROM |
32Ko
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| Affichage |
320x200 en 16 couleurs
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| Son |
PCM 3 voies, 4 octaves
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| Année |
1984
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Examinons le (seul) point positif de ces machines, le BASIC qui dispose désormais de fonctions accédant directement à l'affichage et au son, ce qui n'existait pas dans le C64. Le C Plus/4 offre en outre un Assembleur intégré ainsi que quatre faibles logiciels de bureautique en ROM. Mis à part cela, les machines ressemblent à un C64, mais amputées des sprites et du scrolling câblé et surtout du SID. Cela n'est pas du tout compensé par le 7501, une évolution mineure du 6502. Le C16 (et le C116, version économique de celui-ci, avec un clavier à gommes plutôt que mécanique) voit même la RAM tomber à 16Ko... Evidemment ce sont des machines orientées vers le bas de gamme, le C16 étant au prix de 100$. C'est d'ailleurs la seule chose qui puisse justifier ce retour en arrière, le marché visé étant celui de l'éducatif.
Mais pourquoi, pourquoi rendre ces deux machines incompatibles avec le C64???? Car rien, ni les logiciels ni même les périphériques du C64 ne fonctionnent dessus! Ainsi, outre l'ordinateur, il faudra investir dans un lecteur de disquette à part etc... On s'en doute, la gamme C264 est un bide à vrai dire des plus mérités.
Autre gamme sortie en 1984, la série des CBM 500/600/700, destinée à remplacer le PET sur le marché professionnel. Il était temps car le PET datait et avait perdu beaucoup de terrain. Malheureusement, cette nouvelle gamme aura un succès... abyssal et ne se vendra que faiblement en Europe et quasiment pas aux Etats-Unis. Coûtant une fortune à produire, ils ne permettront pas à Commodore de revenir sur ce terrain.
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CBM 500
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CBM 600
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CBM 700
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| CPU |
MOS 6509@1Mhz (Z80 ou i8080 en option)
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MOS 6509@2Mhz (Z80 ou i8080 en option)
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MOS 6509@2Mhz (Z80 ou i8080 en option) + co-processeur pour le 730
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| RAM |
128 Ko (extensible à 896Ko)
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128 Ko (700) ou 256 Ko (720 et 730) extensible à 896 Ko
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| ROM |
28Ko
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| Affichage |
320x200 en 16 couleurs
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512x512 monochrome
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| Son |
3 voies, 4 octaves
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3 voies, 9 octaves
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| Année |
1984
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Le C128, sorti en 1985, est de loin la machine la plus intéressante. Destiné à être le successeur du C64, il embarque un 8502 et un Zilog Z80 ainsi que 128Ko de RAM. Totalement compatible avec le C64, il dispose évidemment de ses spécificités propres ainsi que d'un mode CP/M ce qui en fait une machine très polyvalente. Malheureusement, les éditeurs tiendront peu compte des spécificités du C128, préférant continuer à supporter le C64 tout en sachant que leurs jeux tourneraient de toute façon sur celui-ci. La machine aura un succès honorable et connaîtra un successeur, le C128D en 1987.
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Le C128 n'a pas eu le succès mérité
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1984 et 1985 sont donc des années d'instabilité chez Commodore et on a franchement l'impression que ses dirigeants veulent aller dans un peu toutes les directions. Au final, tout cela coûte très cher et malgré les rapports très négatifs des analystes, la majorité des bons bénéfices de 1984 grâce aux ventes de C64 passent dans le remboursement d'un quart de la dette. L'année 1985 s'annonce très difficile et le plan de restructuration de Marshall Smith, remplaçant de Jack Tramiel, loin d'assainir les finances, ne fait que déséquilibrer un peu plus l'entreprise. Ainsi, malgré un licenciement massif de 45% des salariés, Commodore clôture l'année 1985 avec une perte sèche de 240 millions de dollars et des créditeurs qui viennent taper à la porte.
Commodore réussit à négocier un mois de répit, le temps que passent les fêtes de Noël... qui sont exceptionnelles puisqu'elles atteignent presque le niveau de celles de 1983, sa meilleure année. Reste maintenant à reconstruire la boite. Et Commodore a déjà son fer de lance, un rachat en 1984 et qui a fait l'événement lors de sa présentation au Lincoln Center de New York en Juillet 1985. L'ère Amiga est là...
Dans cette partie il va nous falloir revenir un peu en arrière pour examiner comment s'est passé l'acquisition d'Amiga par Commodore. J'ai préféré séparer cela de la partie précédente pour une simple question de lisibilité, le maelström dans lequel est plongé Commodore en 84-85 étant déjà assez compliqué en lui-même pour en rajouter une couche. ;)
Revenons un moment en 1982, sur une toute jeune entreprise californienne de jeu-vidéo qui vient juste de se fonder à Santa Clara: Hi-Toro. Le fondateur originel est Larry Kaplan, un ex-employé d'Atari ayant quitté la firme pour fonder un des éditeurs les plus marquants du jeu-vidéo, j'ai nommé Activision. Mais il est frustré par le marché qu'il trouve stagnant et souhaite créer une nouvelle boîte. Son ami et ex-collègue de travail, Jay Miner, lui présente trois dentistes, prêts à investir 7 millions de dollars dans un marché du jeu-vidéo alors en plein essor. Kaplan quitte alors sa position de vice-président d'Activision pour fonder Hi-Toro. Il recrute Dave Morse, jusqu'alors vice-président de la division marketing de Tonka, au poste de chef des ressources humaines. Mais les choses avancent trop lentement pour l'impatient Larry Kaplan et diriger un business ne l'intéresse plus, aussi quitte t'il rapidement son poste.
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Jay Miner
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Dave Morse recrute alors Jay Miner, lui aussi est un ex-employé d'Atari. Brillant ingénieur, il avait déjà travaillé sur la VCS 2600 et les Atari 400 et 800. Il quitte Atari, où il s'ennuie, suite au refus de celle-ci devant son idée d'un ordinateur 16 bits. Atari est très content de sa position de leader et ne veut certainement prendre le moindre risque. Il rejoint Hi-Toro après avoir brièvement officié comme concepteur de pacemakers dans l'industrie médicale. Parce qu'il est à la base de la géniale architecture matérielle de l'Amiga, l'homme à l'air jovial sera le personnage emblématique de toute une communauté, presque une icône.
Hi-Toro va d'abord se faire connaître par la création de jeux-vidéo pour la VCS 2600 et surtout par la conception de périphériques de jeux originaux. Le plus célèbre est le Joyboard, sorte de joystick sur lequel le joueur s'assoit. Toujours est-il que la conception de périphériques n'est pas la vocation voulue de Hi-Toro. Cela ne doit servir qu'à financer le développement du mystérieux Projet Lorraine (nommé ainsi car c'est le prénom de la femme de Dave Morse).
Car Jay Miner n'a jamais oublié son ambition de créer un ordinateur 16 bits et le Lorraine doit en être l'aboutissement. Disposant d'un lecteur de disquettes 3,5", le Lorraine doit être la machine la plus puissante possible. Pour cela, il sera architecturé autour d'un Motorola 68000, accompagné des fameux customs chips qui seront progressivement conçus et qui auront pour rôle de s'occuper de tâches dédiées, déchargeant ainsi le processeur.
Fin 1982 s'impose un changement de nom. En effet, plusieurs compagnies internationales, dont un important transporteur japonais, portent un nom trop proche et il s'agit de se différencier. Jay Miner ne souhaitait pas un nom d'ordinateur (comme CMXZ-25-UE :o) ). D'abord parce que ce n'est pas très facile de s'en souvenir, ensuite parce que le Projet Lorraine doit rester secret. Il est alors choisi une appellation qui se veut amicale, Amiga Corp (amiga signifiant amie ou petite amie en Espagnol).
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RJ Mical
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Dale Luck
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Mais l'année qui suit s'annonce difficile alors que le marché connaît ses premiers grincements. L'argent part très vite chez Amiga, englouti dans un projet si ambitieux. D'autant que l'entreprise recrute de nombreux ingénieurs, notamment pour le développement software. Parmi les nouvelles recrues, on compte sur Dale Luck qui dirige l'équipe développant le système d'exploitation et sur RJ Mical, créateur d'Intuition, le système d'interface graphique de l'Amiga (la partie graphique de ce qui sera le Workbench). Enfin Carl Sassenrath (futur concepteur du langage Rebol) s'occupera de concevoir le multi-tâche du système d'exploitation. Jay Miner s'occupe pour sa part de la partie hardware, avec son équipe, et notamment de la conception des custom chips qui est à peu près achevée en Septembre 1983.
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Le Lorraine. Chacune des cartes sur le côté
contient un élément du chipset.
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Le Lorraine est finalement présenté a un public sélectionné et restreint le 4 Janvier 1984, au CES de Chicago. Ce n'est certes pas l'apparence de la machine qui va impressionner : elle est composée de 4 cartes, sans aucun boitier et la légende dit que trois quart d'heure avant le début du show, les ingénieurs étaient dessus avec le fer à souder, la machine refusant obstinément de booter... Un vrai prototype quoi! ;) Mais finalement tout se passe correctement et le public découvre médusé la "Boing Demo", une démo conçue par RJ Mical et Dave Luck. Une boule blanche à damier rouge s'anime et rebondit sur l'écran d'une manière fluide, du jamais vu! Le CES est plus qu'un succès, c'est une consécration.
Mais Amiga est dans une situation financière, on s'en doute, critique. Les 7 millions de dollars initiaux ont été dépensés il y a bien longtemps et la vente de leurs produits était largement insuffisante ne serait ce que pour payer les ingénieurs qui ont pour la plupart travaillé de façon bénévole. Refinancer la boîte était déjà critique, alors produire les machines était hors de question. Seul moyen, rejoindre un grand groupe qui a les finances nécessaires. Un appel d'offre est donc lancé : Sony, Apple et Silicon Graphics entre autres sont sur les rangs mais les négociations échouent. Reste l'offre d'Atari, fort peu enthousiasmante : un prêt d'un million de dollars à rembourser... sur un mois. Que se passe t'il si l'argent n'est pas remboursé à temps? Amiga serait rachetée au prix de 3$ par part. Atari, fraîchement rachetée par Jack Tramiel, savait pertinemment que cette somme, Amiga ne pourrait jamais la rembourser, et au fur et à mesure que le mois passait renégociait un accord déjà bien avantageux... A la fin du mois, le prix de rachat des parts est tombé de 3$ à... 0.98$!
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L'équipe complète d'Amiga en 1985
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Evidemment pendant ce temps, chez Amiga on cherche une solution à cet accord calamiteux. Cette solution, elle viendra de Commodore qui aligne sans discuter un prix de 4,25$ par part avec des garanties et une avance d'un million pour rembourser Atari à temps... Il faut dire que chez Commodore, on cherche un peu ce qui va sauver la boîte dans toutes les directions. Le 15 août, deux jours avant l'échéance, Amiga se libère d'Atari et est incorporée dans Commodore.
On s'en doute, Atari n'est pas trop content de ce dénouement et intente un procès visant à briser l'accord entre Commodore et Amiga et réclamant 100 millions de dollars de dommages et intérêts pour rupture de contrat. Affaire rejetée en 1988. Tramiel fulmine et cherche sa revanche. Pourtant, tout laisse à penser qu'Atari n'a jamais eu la volonté de commercialiser la machine. Seul le concept des custom chips l'intéressait.
Commodore va aligner 27 millions à l'amélioration du Lorraine (notamment la miniaturisation des chips) permettant le 23 Juillet 1985 la présentation de la première machine Amiga au Lincoln Center de New York : l'Amiga 1000. Chez Commodore, on est nombreux à voir dans l'Amiga le futur de l'entreprise aussi met on les petits plats dans les grands. Andy Warhol et Debbie Harry (la chanteuse de Blondie) sont là pour faire le show et on sait que le pionnier du Pop-Art sera longtemps un utilisateur de l'Amiga.
Voyant en profondeur à quoi ressemble la machine :
| CPU | MC 68000@7,14Mhz (PAL) ou @7,38Mhz (NTSC) |
| RAM | Agnus : 256Ko puis 512 Ko de Chip RAM (dont 256 réservés au Kickstart), extensible à 8,5Mo. |
| ROM | 8Ko (seulement un bootstrap, Kickstart en ROM en option) |
| Chipset | OCS |
| Graphismes | Chip Denise: jusqu'à 320x220 en 32 couleurs parmi 4096, jusqu'à
640x240 en 16 couleurs. Jusqu'en 768x512 en mode entrelacé overscan Mode EHB : 64 couleurs affichables en simultanée (modèles européens tardifs) Mode HAM-6 : jusqu'à 4096 couleurs en simultanée à l'écran (modèles européens tardifs) 4 sprites gérés simultanément en hardware d'une taille maximale de 80x200 Scrollings câblés Blitter Copper |
| Son | Chip Paula : 4 canaux sur 8 octaves en stéréo |
| Médias | Disquettes 3,5" 880Ko |
| OS | Kickstart 1.0 à 1.3, Workbench 1.x |
| Production | 1985 - 1987 |
Il est nécessaire d'expliciter un peu l'architecture matérielle de l'Amiga tant celle-ci est originale à l'époque. Attention, c'est technique! ;)
La machine est architecturée autour du puissant microprocesseur 32 bits Motorola MC 68000@8Mhz. Pour une question de synchronisation avec le chipset, sa fréquence est cependant rabaissée à 7.14 Mhz sur la machines PAL et à 7.38Mhz sur les machines NTSC. Le processeur, quoique 32 bits ne peut échanger les données avec le reste de l'architecture qu'en 16 bit, une machine intégralement en 32 bits aurait été beaucoup trop coûteuse. C'est pourquoi on parle d'ailleurs de machine 16/32 bits.
La principale caractéristique de l'Amiga au niveau physique est ce qu'on appelle le chipset, c'est-à-dire un ensemble de puces ultra-spécialisées conçues pour traiter certaines données et ainsi décharger le microprocesseur. Le chipset qu'on trouve dans l'Amiga 1000 est nommé OCS (Original Chip Set) et il est composé de différents processeurs portant chacun un prénom, dans la lignée du nom Amiga. Trois puces ont une importance importance particulière :
A cela il faut ajouter le Blitter et le Copper, tous deux contenus dans Agnus. Le blitter est chargé de déplacer de manière efficace des blocs de mémoires rectangulaires. Outre le fait qu'il libère le processeur de cette tâche, il est capable de le faire trois fois plus vite que le 68000 et ce, de manière asynchrone (pas besoin d'être synchronisé avec le processeur qui a alors les mains totalement libres). Quand au Copper (Co-Processor), il est spécialisé dans la manipulation d'objets graphiques. Ces objets graphiques peuvent être dans une autre résolution que celle de l'écran. D'abord conçu pour la gestion des fenêtres, le Copper permettra à l'Amiga d'afficher des animations d'une grande fluidité par l'emploi des "copper scrolls" par exemple. Aussi étonnant que cela puisse paraître, l'Amiga est le seul ordinateur à utiliser le copper. Aucune carte graphique n'a jamais repris ce concept pourtant efficace.
Le système d'exploitation de l'Amiga fait aussi preuve d'originalité. Fortement inspiré d'Unix, il est aussi le premier système d'exploitation multi-tâches préemptif (c'est-à-dire que l'OS gère les priorités affectées aux tâches, elles ne se gèrent pas toutes seule). Cette caractéristique, il faudra attendre bien longtemps avant de la voir véritablement dans les PC et les Mac (respectivement Windows 95 et MacOS-X - auparavant ces systèmes sont mono-tâche puis multi-tâches coopératif). L'OS de l'Amiga est divisé en deux parties :
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Le Workbench 1.3
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Malgré ces qualités, on constate un certains nombres de défaut. Le plus important, que l'Amiga trainera des années, est l'absence de catalogue de fichiers, tant pour les disquettes que pour les disques durs. Ceci fait que les accès-disques sont particulièrement lents. Autre chose, les spécificités techniques de l'Amiga, qui sont sa force, sont aussi ses faiblesses dans le sens où c'est un standard très cloisonné. Commodore sortira pour l'Amiga 1000 une carte passerelle permettant de le rendre compatible PC (le Sidecar). On utilisera souvent une émulation matérielle ou logicielle sur Amiga, que ce soit pour émuler un PC, un Mac... voir même un Atari ST! Enfin, le multi-tâche si efficace de l'Amiga ne se révélera pendant longtemps pas d'une grande utilité, à cause du prix dissuasif des disques durs.
L'Amiga est à sa sortie plus puissant qu'un Macintosh deux fois plus cher et il sera considéré comme un ordinateur révolutionnaire, disposant de plusieurs années d'avance sur ses concurrents. Par ses qualités intrinsèques, il marquera toute génération d'utilisateurs passionnés, fervents défenseurs de leur machine, parfois de façon excessive. La communauté Amiga comptera et aura son mot à dire. Mais on verra que les débuts de la plate-forme seront plus difficiles que prévus.
L'Amiga 1000 finit par être commercialisé en Octobre 1985 aux Etats-Unis puis en Europe en Janvier 1986. La machine semble avoir tout pour être un succès immédiat, d'ailleurs on se souvient de l'accueil plus qu'enthousiaste par la presse lors de sa présentation. Pourtant les ventes peinent à décoller. Plusieurs facteurs vont expliquer ceci :
Ceci fera que l'Amiga devra pendant longtemps se contenter d'adaptations en provenance du ST n'exploitant pas ses capacités supérieures. Il faudra attendre 1987 pour qu'il comble enfin son retard, le temps aussi pour que le marché des 16/32 bits prenne le pas sur celui des 8 bits.
Electronic Arts sort cependant en fin 85 l'une des premières applications marquante de l'Amiga : Prism, en fait l'adaptation d'un de leur logiciel sur stations Xerox (Doodle). Prism est en fait l'ancêtre de ce qui sera l'un des plus gros hits du logiciel de graphisme des années 90, Deluxe Paint. De nombreuses versions sortiront sur Amiga (la dernière en date étant la 5.5), le logiciel marquera son domaine et fera une partie de la réputation de la plate-forme dans le domaine du traitement d'image.
Après la calamiteuse année 1985 et ses 240 millions de pertes, Marshall Smith est logiquement congédié en Mars 1986 par Irving Gould (probablement la meilleure décision qu'il ait pris) et est remplacé par Thomas Rattigan, auparavant Président de Commodore Nord-Amérique. Son but, restabiliser Commodore, lui faire reprendre le chemin des bénéfices et promouvoir l'Amiga avec cependant un mot d'ordre d'Irving Gould : réduire les frais au maximum. En cinq mois, une nouvelle vague de licenciement et la fermeture de trois usines font subir une cure d'amaigrissement forcée à Commodore. Parmi les fermetures d'usines, celle de Los Gatos où était préparé un des deux prototypes de l'Amiga 2000, envoit une bonne partie de l'équipe originelle d'Amiga au chômage, ce qui entraîne le départ de Jay Miner qui va travailler sur les défibrillateurs dans une compagnie de matériel médical, VentriTex. Les années qui suivent, il restera très présent dans les divers colloques sur l'Amiga. Enfin, ordre est donné de laisser filtrer le moins de chiffres possibles quand à la réelle situation financière de l'entreprise.
Pour compenser les ventes honorables mais pas exceptionnelles du C128, Commodore sort en 1986 le C64C, dernière évolution du C64, recarrossé selon le modèle de son grand-frère et recevant un OS graphique proprement exceptionnel conçu par Berkeley Software et basé sur le System du Macintosh : GEOS. Le logiciel aura un tel succès qu'il sera ensuite adapté sur PC puis sur... Apple ][. Le C64 continuera sa formidable carrière sur un rythme plus tranquille et prendra une carrière plus que méritée en 1990 quand s'arrête sa production.
L'année fiscale 86 s'achève en Mars 1987 avec de bons chiffres : avec 22 millions de dollars de profits et 46 millions de dollars en banque, Commodore n'a jamais été aussi à l'aise au niveau financier depuis 1983. Par ailleurs sortent une nouvelle gamme d'Amiga : l'Amiga 2000 et quelques semaines après, l'Amiga 500 qui vont assez rapidement supplanter l'Amiga 1000. Rattigan a eu la sagesse de couper la gamme en deux : l'Amiga 2000 est destiné au marché professionnel, l'Amiga 500 devra s'implanter dans les foyers.
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| CPU | Motorola MC68000@7,14Mhz (PAL) ou @7,39Mhz (NTSC) |
| Chipset | OCS |
| RAM |
512Ko de Chip |
| ROM | 256Ko (Kickstart 1.2 puis 1.3) |
| Graphismes | Denise (cf Amiga 1000). EHB et HAM-6 inclus. |
| Son | Paula : 4 voix stéréo sur 8 octaves |
| Année | 1987 |
Plus miniaturisé que l'Amiga 1000, le 500 tient dans un boîtier pizza ressemblant énormément à celui du C128, même s'il nécessite une encombrante alimentation externe. Parmi les différences, on note surtout un nouveau Kickstart, embarqué désormais en ROM. La limite des 512Ko de RAM d'Agnus est toujours présente mais un slot d'extension sous la machine permet de brancher une carte contenant de la Fast-RAM (telle que la fameuse extension de 512Ko A501). Au niveau graphique, Denise n'a pas connu d'évolution non plus, si ce n'est la pérennisation des modes EHB et HAM-6, apparus dans les derniers modèles d'Amiga 1000 européens. L'Amiga 500 dispose également d'une trappe d'extension sur le côté. Probablement le modèle qui a eu le plus de succès en terme de ventes dans toute la gamme, l'Amiga 500 est aussi le plus connu.
L'Amiga 2000 est, au niveau des caractéristiques techniques, identique à l'Amiga 500. Monté dans un boîtier desktop, il dispose cependant de 3 baies 3,5" et d'une baie 5,25" frontales, d'un contrôleur SCSI et de 5 slots Zorro II. Les slots Zorro II permettent d'étendre les fonctionnalités de l'Amiga par l'ajout de carte et représentent une importante innovation : l'Autoconfig. Qu'est ce que cela signifie? C'est simple, vous branchez la carte, vous lancez la machine et y a plus qu'à installer les pilotes! Pas de jumpers à configurer comme sur les PC et la carte est détectée par le système. Ca ne vous rappelle rien? Allons, un petit effort... Et oui, en 1987, bien avant le PC, l'Amiga a son Plug & Play!
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L'Amiga 2000
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L'Amiga 2000 dispose également d'un slot vidéo et de 4 slots ISA, comme sur PC. Ces slots ISA n'avaient d'utilité qu'avec une carte "Bridge" (SideCar par exemple), des cartes d'extension avec un processeur 8086 ou 8088 permettant de transformer l'Amiga en PC. C'était quelque chose que voulait Commodore, afin d'aider l'Amiga à pénétrer le marché professionnel, même si cela ne plaisait guère à Jay Miner. Un programme côté Amiga permettait de lire et d'écrire des disquettes formatées PC, chose qu'il ne peut faire naturellement. Pour le reste, les slots ISA sont purement et simplement inutiles car aucune carte pour Amiga n'est à ce format. L'Amiga 2000HD embarque en plus de tout ça un disque dur SCSI.
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L'A2386X se branchait dans un slot Zorro II et
permettait de transformer l'Amiga en PC 386-SX. Il était possible
de lui adjoindre une FPU. Si à la base, la carte ne permet pas
d'autre affichage que le MDA (mode texte), l'emploi d'une carte
graphique PC était possible en l'insérant dans un slot ISA de
l'Amiga. Elle doit dater de 1990.
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A la base conçu en Allemagne (on se souvient que l'autre prototype, conçu à l'usine de Los Gatos avait été arrêté en raison de la fermeture de l'usine), l'Amiga 2000 connaîtra de nombreuses modifications plus ou moins importantes (au moins 3 versions de carte mère plus des clones). Ainsi, si les premiers Amiga 2000 n'embarquent que 512Ko de Chip, ils seront en suite vendus avec 1Mo de RAM (512Ko de Chip + 512Ko de Fast). L'Amiga 2000/UX sera pour sa part un Amiga 2000HD normal vendu avec Amix, un Unix basé sur System V. C'est alors la station de travail disposant d'un "véritable" Unix la moins chère du marché.
Le 22 Avril 1987, on a la surprise d'apprendre de licenciement de Rattigan par Irving Gould. La décision a été un moment incomprise... La politique de restructuration de Rattigan avait été efficace, les finances de la firme étaient assainies et la gamme de machines semblait beaucoup plus adaptée au marché, ce que l'avenir démontrera d'ailleurs. Selon Rattigan, la cause en serait des querelles personnelles et surtout la jalousie de Gould sur le fait que Rattigan reçoive les lauriers pour l'assainissement de la firme. Gould pour sa part argumente d'une baisse de rentabilité trop forte de Commodore US, dont les revenus, il est vrai, ont baissé de plus de 50% en 1986. Cela dit, depuis l'époque Tramiel, Commodore US a un statut un peu à part, une espèce d'autonomie qui ne plaît guère à celui qui dirige désormais la firme. Depuis la sortie du C64, le marché où Commodore a le plus de succès est de loin l'Europe et en 1987, les ventes sur le continent Nord-Américain ne représentent que 30% de ses revenus totaux. De fait, il est indéniable que l'une des plus grosses erreurs de l'histoire de la boite restera l'échec de l'Amiga aux Etats-Unis. Peu et mal promu, largement défavorisé par rapport à l'Europe (on se rappelle que déjà les Amiga 1000 européens sont meilleurs que les américains -- où en passant il est nommé Amiga tout court), les ventes y sont faibles et le PC, malgré son rapport qualité/prix largement désavantageux, a déjà pénétré les foyers.
La faiblesse de la pénétration de Commodore aux Etats-Unis était-elle rattrapable? Difficile de le dire mais ce qui est sûr, c'est que les premières actions d'Irving Gould, qui cumule désormais les postes de Président du CA et de PDG de Commodore (de façon intérimaire), ne vont certainement pas arranger les choses. Pour la troisième fois depuis 1985, un nouveau plan de restructuration par le bas est entamé, et pas n'importe quel plan... 5 usines fermées et 35% des salariés au chômage (la masse salariale tombe à 3100 personnes). Contrairement aux attentes, ce sont les Etats-Unis qui en font le plus les frais, où 50% du staff dirigeant et marketing est licencié. Le but de Gould? Tuer l'autonomie de Commodore US et de la transformer en une simple extension de Commodore avec un seul but : faire du fric. Le marché américain est désormais définitivement perdu et le déclin de Commodore, qui se profilait depuis la démission de Jack Tramiel est inexorablement entamé, même si cela ne se voit pas au premier abord...
En Octobre 1987, Irving Gould laisse les rênes de Commodore à Max Toy. Quand il prend le poste de Président de Commodore Toy dispose de la réputation d'avoir orchestré l'essor de ITT Xtra Business où il officiait depuis deux ans. Dans sa première déclaration, il déclare avoir pour volonté de créer de nouvelles alliances stratégiques entre Commodore et d'autres acteurs. Reste qu'il aura les mains liés par Irving Gould, seule personne à qui il doit rendre des comptes et qui conserve en réalité le réel contrôle de l'entreprise.
La même année, un an après Jay Miner, une autre figure du monde Amiga, RJ Mical, s'en va et rejoint Epyx chez qui il participera à la conception de la console portable Lynx, rachetée par Atari, avant de participer à l'expérience 3DO dans les années 90.
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Le PC-10, ici équipé d'un second lecteur de
disquette. Commodore ne parviendra jamais à s'imposer dans le
domaine des PC
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Durant son règne d'un peu plus d'un an, les choses ne bougeront guère en vérité. Le principal événement est le lancement de la première gamme de PC estampillés du C=, les PC-10 et PC-20. Tous deux sont basés sur un processeur Siemens 8088@8Mhz avec 512 ou 640Ko de RAM, le PC-20 ne se démarquant que par la présence d'un disque dur, d'abord de 20Mo. Ne se démarquant pas franchement d'une concurrence déjà féroce, les PC Commodore ne parviendront jamais à percer et les ventes resteront anodines. Sans doute faut-il y voir, outre une volonté de se faire sa place dans la grande "famille" PC, la volonté de Commodore de récupérer ce qu'il peut sur le marché américain. Ce sera en vain, même si Commodore sortira régulièrement de nouveaux compatibles jusqu'en 1992.
En Avril 1988 est dévoilé dans un magazine allemand l'existence jusque là maintenue secrète du C65. Ce nouveau système 8 bit devait embarquer un lecteur de disquette 3,5" et un affichage proche de celui de l'Amiga... Embarras de Commodore qui n'acceptera de ne le dévoiler qu'en 1991. La machine ne sera jamais commercialisée.
Mais 1988 est aussi l'année où l'Amiga prend l'ascendant sur le ST. L'Amiga 500, désormais à peine plus cher que son concurrent d'Atari, est devenu l'objet de désir de bien des fans d'ordinateurs. Petit à petit, des jeux exploitant mieux la machine font leur apparition et l'écart technique réel entre les deux machines commence à se faire sentir. L'Amiga domine déjà assez nettement les marchés allemand et surtout anglais, où il draine les anciens fans de C64, de Spectrum et d'Amstrad. Avec un dirigeant solide en la présence de David Pleasance, Commodore UK sera de loin la filiale la plus efficace.
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Fat Agnus (à gauche) est la principale nouveauté
de l'ECS. Denise (à droite, un Denise OCS) subit
quelques évolutions
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La tendance se poursuit d'ailleurs en 1989, qui marque en janvier le cap du million de machines vendues et la première réelle évolution de la gamme depuis son lancement en l'apparition du chipset ECS (Enhanced Chip Set) qui équipera les Amiga 500 et 2000 produits à partir de ce moment. Le principal apport de l'ECS reste Fat Agnus qui se substitue à Agnus. La limitation de la Chip à 512Ko passe à 1Mo, ce qui n'est pas trop tôt. Denise, le chip graphique subit aussi une évolution, avec un mode EHB amélioré et surtout de nouvelles résolutions disponibles ce qui fait que certains l'appelleront par le surnom un peu ridicule de Super Denise, afin de le distinguer de celui présent dans l'OCS. En soit, l'ECS n'est certainement pas une révolution. Il faut dire que la volonté de maintenir les coûts bas ont fait que les budgets de recherche sont loin d'égaler ceux de la première moitié des années 80 et que Commodore s'est déjà endormi. Plus une mise à jour qu'autre chose en somme.
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Shadow of the Beast, un des plus beaux jeux de
l'époque, est emblématique dans le monde Amiga.
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1989 est aussi l'année d'un jeu, véritable prouesse technique et qui aura un impact réel sur les ventes de l'Amiga. Car Shadow of the Beast, développé par Psygnosis, est véritablement un tour de force et est très probablement le jeu le plus beau de son époque... à défaut d'être le plus jouable. 128 couleurs à l'écran, 13 niveaux de scrolling et des musiques atmosphériques magistrales, SOTB reste l'embléme pour les Amigaïstes de la supériorité de leur machine sur toutes les autres, et surtout sur le ST. Evidemment, la pitoyable conversion du jeu sur ST près d'un an après la sortie sur Amiga (sur lequel sort alors le second opus) ne manque pas de provoquer les railleries.
Outre des versions plus soignées, les jeux commencent à sortir d'abord sur Amiga, alors qu'auparavant les versions ST se faisaient plus précoces. Là encore, cette tendance se confirmera dans les années à venir.
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Mehdi Ali
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Avec l'Amiga qui prend définitivement le pas sur le ST, l'année 1989 semble donc de bon augure pour Commodore. Oui mais, car il y a un mais, en Février, Irving Gould change encore la personne qui dirigera la boite. Ce sera le dernier jusqu'à la fermeture de l'entreprise. Il faut dire que Mehdi Ali est un collaborateur proche d'Irving Gould depuis longtemps en tant que consultant pour une autre entreprise. S'il est une personne détestée de la communauté Amiga, c'est bien Mehdi Ali qui sera considéré comme celui qui a tué Commodore. D'ailleurs c'est pas difficile, prenez un Ness (coucou Ness ;) ) et répétez lui 3 ou 4 fois le nom Mehdi Ali et observez le résultat, vous serez bluffé! :o) Il faut bien dire que dès lors, ce seront une succession de décisions aberrantes qui vont marquer l'histoire de Commodore, tant au niveau du marketing, que de la communication... que tout simplement au niveau de la stratégie... Dès le départ, les crédits alloués au marketing et à la recherche sont diminués.
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L'Amiga 2500, une évolution du 2000
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L'année s'achève sur le lancement de l'Amiga 2500, qui n'est en fait qu'un Amiga 2000 équipé d'une carte accélératrice A2620 ou A2630. La première embarque un 68020@14Mhz, la seconde un 68030@25Mhz. La machine, beaucoup plus puissante qu'un 2000 classique se vendra essentiellement sur le continent américain, mais ne sortira pas de l'anonymat. Idem en ce qui concerne l'Amiga 1500, sorti exclusivement en Angleterre, un simple Amiga 2000 avec un second lecteur de disquette en lieu et place du disque dur. L'Amiga 1500 était tellement comparable à son modèle qu'il suffisait généralement d'enlever l'étiquette sur la machine pour constater la présence de celle du 2000 en dessous! Ces deux machines sont bien entendue équipées du chipset ECS et seront surtout très éphémères.
1990 est marquée par la commercialisation d'une nouvelle machine haut de gamme. L'Amiga 3000 est souvent considéré comme le meilleur modèle d'Amiga et est le premier modèle entièrement 32 bits de la gamme.. Remplaçant du 2000 et donc dédié au marché professionnel, il se démarque par une puissance largement réévaluée : ainsi le 68000 laisse sa place à un puissant 68030 accompagné d'un coprocesseur mathématique (FPU) et de 1 ou de 2Mo de RAM. Le contrôleur SCSI-II et les nouveaux ports Zorro III complètent une machine très puissante. Singularité du 3000, l'acheteur a le choix d'avoir un Kickstart en ROM ou sur disque dur, permettant ainsi indifféremment l'emploi du Kickstart 1.4 ou 2.0. Comme l'Amiga 2000, il est également possible d'installer un Unix basé sur System V, bizarrement livré sur bande magnétique pour streamer et non sur disquettes. Evidemment une telle machine est chère mais pour une station de travail graphique, elle est très compétitive et, comme son papa, fera son nid dans le domaine de la vidéo. Il sera largement soutenu cette même année par le lancement d'un produit qui fera date : le Video Toaster de Newtek. Cette solution de montage vidéo, d'ailleurs le premier produit non dédié au Mac primé à l'Apple Expo, va booster de façon exponentielle la pénétration de l'Amiga dans ce domaine. Composé de plusieurs modules, il en est un qui est encore largement connu, le logiciel de 3D Lightwave qui deviendra par la suite un des grands logiciels d'image de synthèse sur PC et Silicon Graphics. Le Video Toaster sera utilisé dans de nombreuses productions plus ou moins connues : outre l'emploi de l'Amiga dans de nombreuses chaînes de télévision (souvenez vous de l'émission Hugo Délire), l'Amiga largement exploité dans des productions telles que Babylon 5, Robocop 2, Terminator 2 ou Jurassic Park (pour lequel le modelage des sauriens sera effectué sous Lightwave). Pour une trentaine de milliers de francs on a une station de travail capable de faire à peu près ce que fait une Silicon Graphics 10 fois plus cher (faut juste être plus patient :p ).
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L'Amiga 3000, souvent considéré comme le
meilleur ordinateur de Commodore
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N'empêche que Commodore va complètement rater le lancement de cette machine, marqué par d'épouvantables cafouillages. Dans les mois qui précèdent la présentation du 3000, Commodore niera son existence tout en laissant plusieurs fois sous-entendre qu'un nouvel Amiga haut de gamme était en préparation. 3/4 d'heure avant sa présentation, Irving Gould niera une dernière fois l'existence de cette machine. Niveau communication... on a vu mieux! N'empêche que malgré ce cafouillage, l'Amiga 3000 est comme on l'a dit, un grand succès (comparativement à son prix bien sûr) et sera l'objet de désir de bien des fans. Sun Microsystems sera d'ailleurs intéressé dans l'achat d'une licence pour vendre des Amiga 3000 en tant que petites stations Unix, mais Commodore sera incapable de mener les négociations à bien et le contrat leur échappera. L'Amiga 3000 donnera naissance à un clone l'année plus tard, l'Amiga 3000-T, un Amiga 3000 qui en plus d'être dans une tour offre des slots ISA supplémentaires ainsi qu'un scan-doubler en standard permettant de brancher la machine sur un écran S-VGA grâce au nouveau chip Amber.
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L'Amiga 500+ ressemble trait pour trait à son
grand-frère
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L'Amiga 500+ doit prendre la relève de l'Amiga 500 en 1991. En soit les différences par rapport à son prédécesseur sont loin d'être impressionnantes. Toujours le même processeur et un chipset ECS qui ne subit aucune modification. La mémoire vive, grâce à la présence de Fat Agnus, est montée à 1Mo de Chip en standard et une horloge sauvegardée est incluse. Le Kickstart et le Workbench passent tous deux à la version 2.0. Cette nouvelle version du système d'exploitation est une grande avancée. Seul défaut, une compatibilité imparfaite avec le modèle précédent. Ce n'est donc pas une refonte de la machine mais une évolution logique. On aurait pu en attendre plus, mais l'Amiga 500+ supplante avantageusement l'ancien modèle, de manière éphémère comme on le verra plus loin. Comme pour l'Amiga 3000, Commodore foirera en partie le lancement : le modèle n'a même pas été annoncé et est une surprise lors de son arrivée.
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L'écran de démarrage du CD-TV
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Mars 91 est marqué par le lancement d'une machine qui se voulait révolutionnaire... et qui fut une débâcle totale. Avec le CD-TV (Commodore Dynamic Total Vision), Commodore présente un concept plusieurs mois avant que Philips n'en fasse sien avec le CD-i. La machine surnommée parfois Babe (bébé au féminin, parce que sa conception aurait duré 9 mois) présente le même hardware qu'un Amiga 500 : 68000 à 7,14Mhz, 1Mo de RAM (au lieu de 512Ko), ECS... mais recarrossée avec un superbe design tout de noir qui fait encore envie à l'heure actuelle et équipée d'un lecteur de CD-ROM simple vitesse. Le but de Commodore, faire une machine interactive s'appuyant notamment sur les logiciels culturels. Je pense que rien qu'à penser à cela, vous imaginez déjà le désastre. Jay Miner, interrogé à ce sujet déclara que si le projet était intéressant et la machine très réussie, il ne se voit pas lire une encyclopédie ou un livre sur son écran de télévision. Par ailleurs, la machine est à peu près aussi superbe qu'elle est chère : 5500FF au lancement (sans clavier, souris ni lecteur de disquette qui sont des options permettant de transformer la bête en Amiga 500), soit près de 2000 francs de plus qu'un Amiga... La pilule est dure à avaler! Enfin, on voit culminer une des mauvaises habitudes de Commodore : un marketing proprement désastreux.
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Le CD-TV avec toutes ces options. Ca en jette
quand même!
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Pour Commodore, il est en effet important de souligner le fait que le CD-TV est un tout nouveau produit. Hors de question de le rapprocher d'un ordinateur ou d'une console de jeu et d'ailleurs, le CD-TV ne porte même pas la mention Amiga sur le boîtier. Interdiction est faite par Commodore aux grands revendeurs de l'exposer à moins de 5 mètres de leur rayon informatique. Pourtant les publicités mettront la plupart du temps le CD-TV en rapport avec l'Amiga, en oubliant de mettre le doigt sur le côté novateur de la machine. Interdiction aussi de le mettre dans le rayon Hi-Fi ou vidéo : il doit avoir un espace à part, bien en vue, permettant de le démarquer des autres produits. Evidemment cela ne va guère contenter les revendeurs mais surtout, ce que le département marketing de Commodore n'a pas prévu, c'est que le grand-public va être très déstabilisé devant cette machine... Ressemblant à un lecteur CD, le CD-TV n'en n'est pas un et pourtant ce n'est pas non plus un ordinateur... Quand aux logiciels, ils restent peu nombreux : des éducatifs pour la plupart et des jeux qui ne sont que des adaptations des versions Amiga (Turrican 2, Wrath of the Demon...) n'apportant strictement rien de plus, à part éventuellement des musiques CD et encore n'est-ce pas systématique...
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Le CD-TV CR, resté au stade de prototype. On
sait peu de chose sur lui si ce n'est qu'il conservait un chipset
ECS. Un lecteur de disquette et un contrôleur IDE étaient
vraisemblablement prévus en built-in.
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Le CD-TV fait donc un flop monumental, il n'y a guère qu'en Angleterre où il fait illusion la première année, avant de voir ses ventes littéralement s'effondrer avant Noël 1991. La production sera arrêtée dans l'année qui suit, et les recherche sur la conception du CD-TV CR (ou CD-TV II) seront stoppées. Le CD-TV, s'il démontre encore une fois l'extrême habileté des ingénieurs de Commodore, est un échec lourd qui coûte très cher à l'entreprise, d'autant qu'il avait profité de la majeure partie des crédits alloués à la recherche. Plus tard, Philips se cassera les dents avec le CD-i, ce qui démontrera l'échec patent du concept.
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L'Amiga 600 est d'une taille on ne peut plus réduite
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Comme chez Commodore on aime pas que les boulettes se sentent trop seules, on recommence avec l'Amiga 600, qui remplace l'Amiga 500+ au Printemps 1992... moins d'un an après sa sortie! Commodore se retrouve donc à assurer le support de deux machines qui en plus se font un moment concurrence, le temps que les stocks d'Amiga 500+ s'écoulent. L'Amiga 600 est fraîchement accueilli à sa sortie, tant dans la presse que parmi la communauté des utilisateurs. La machine est en effet marquée par un maître mot : le coût de fabrication, faible bien entendu. Ainsi la qualité de fabrication est largement en retrait : clavier moins franc, lecteur de disquette moins fiable et surtout retrait du pavé numérique. Bref l'Amiga 600 passe vraiment pour un ordinateur très bas de gamme, ce qui est peu compatible avec l'image de marque de la gamme et l'attente des fans. Il apporte tout de même un certain nombre d'améliorations, notamment un contrôleur IDE permettant d'installer un disque dur interne (voir une machine si petite comportant un disque dur est tout de même assez impressionnant à l'époque) ainsi qu'un port PCMCIA sur le côté droit permettant la connexion de périphériques tels que carte réseau, modem, disque dur externe... L'Amiga 600HD embarque en standard un disque dur de 40Mo. Le contrôleur IDE est malheureusement un 2,5". Dommage car ce genre de disque est à la fois plus lent et plus cher que les 3,5" mais il faut bien dire qu'il était difficile de faire tenir un disque de cette taille dans le petit boîtier. Pour le reste, c'est la même chose que le 500+.
On va encore une fois assassiner de département marketing de Commodore (remarquez qu'on ne fait plus quasimment que ça ;) ) qui décide de promouvoir l'Amiga 600 comme une console de jeu avec un clavier, ni plus, ni moins... Tant le ST que l'Amiga souffraient déjà de cette réputation aussi fausse que peu flatteuse et cette décision contribuera largement à mettre l'Amiga en étau entre les consoles 16 bit et les PC quand les choses iront vraiment mal. Durant sa courte carrière, les vente d'Amiga 600 seront bonnes, malgré un accueil assez froid, son faible prix et l'indisponibilité des 500+ aidant. Comme d'habitude depuis le lancement de la gamme, les ventes d'Amiga sont en progression constante. Sorti moins d'un an après le 500+ et seulement 6 mois avant le 1200, l'Amiga 600 est une boulette dans le plus pur style de la boite. Commodore aura d'ailleurs du mal à cacher son embarras face aux critiques.
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La 64-GS
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On croyait le C64 définitivement mort avec l'arrêt de la production en 1990 et l'abandon du projet C65 en 1991. Il fait pourtant un come back en catimini à Noël 91 avec la 64-GS, ni plus ni moins qu'un C64 recarrossé sous forme de console (comme la GX4000 d'Amstrad). Manifestement, Commodore espère pouvoir relancer avec profit la légende qu'elle a si longtemps cherché à tuer. La machine, mise en vente quasimment exclusivement en Angleterre disparaîtra de la même façon qu'elle est arrivée... de manière discrète. L'architecture est vraiment trop ancienne et le parc de C64 trop important. Quel intérêt pour cette machine inférieure aux NES et autres Master System?
Bref, 1991 rappelle un peu la période 1984-85, marquée par une stratégie calamiteuse, démontrant que pour ses dirigeants, Commodore n'est guère plus qu'une pompe à fric. La contestation se fait d'ailleurs assez vive et nombreux sont ceux qui réclament le départ de Mehdi Ali, soutenu mordicus par Irving Gould. Un Irving Gould critiqué de longue date, notamment par son absolutisme. Avec plus de 20% des parts de Commodore, il est de loin le premier actionnaire. Mehdi Ali lui-même ne dispose qu'à peine plus d'1% des parts! On voit réapparaître la fameuse Boing Ball, désormais symbole de contestation contre Commodore dans la communauté des utilisateurs, partagée entre un amour de leur machine préférée et l'incurie dont fait montre les dirigeants de l'entreprise. Sans compter que malgré la progression des ventes d'Amiga, les dettes de Commodore se sont largement creusées, et l'inquiétude commence à poindre avec des rapports financiers qui ne sont guère enthousiasmant.
Depuis le lancement de l'Amiga en 1985, la machine n'a jusqu'alors jamais vraiment évolué, l'ECS n'étant guère plus qu'une mise à jour, significative certes, mais simplement une mise à jour. Seul le CD-TV innove un peu, avec l'échec qu'on lui connaît. Il faut dire que depuis longtemps déjà l'Amiga s'est démarqué de son rival éternel, sauf dans quelques pays (la France notamment). Et comme du côté d'Atari ça n'a pas bougé beaucoup non plus (mise à part la sortie des modèles STe, qui bien que plus puissants que les STf, ne rattrapaient pas l'Amiga et qui fut largement inexploité), on ne s'est pas senti obligé de trop se bouger chez Commodore, qui se vante dans ses campagnes publicitaires d'une douteuse seconde place de constructeur d'ordinateurs. Le CD-TV, malgré son échec, a contribué à donner à Commodore l'image d'une entreprise novatrice et à la pointe de la technologie, image renforcée avec le bateau Commodore Explorer, qui sera le premier à remporter le Trophée Jules Vernes en 1993 avec l'équipage de Bruno Peyron.
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Mais la situation change en 1992. De mauvais rapports financiers, le réveil d'Atari avec le Falcon et la montée des PC qui commence à se faire sentir en Europe obligent Commodore à se réveiller. Après un long développement est présentée au public la première machine de la toute nouvelle gamme AGA (Advanced Graphic Architecture), qui est la refonte tant attendue de la plate-forme. Ainsi, l'architecture est désormais intégralement 32 bits et les custom chips, toujours présents, sont notablement améliorés.
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De gauche à droite, Alice, Lisa
et le Kickstart 3.1. Ces trois éléments sont les
principales nouveautés du chipset AGA.
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Agnus laisse ainsi place à Alice. Toujours destiné au contrôle de la mémoire, le montant de Chip RAM total accepté est monté à 2Mo et la gestion de la mémoire est améliorée, de même que le blitter et le copper.
Lisa, qui remplace Denise, est la principale nouveauté (c'est pas pour rien qu'AGA signifie Architecture Graphique Avancée :p). Outre de nouvelles résolutions, le nombre de couleurs affichables simultanément passent à 256 sur une palette sur 24 bit (16 million de couleurs). Aux modes EHB (64 couleurs) et HAM-6 (4096 couleurs sur écran statique) s'ajoute le mode HAM-8 permettant 262 144 couleurs affichables, toujours sur des images statiques!
Le chip sonore reste Paula qui semble ne pas avoir été amélioré.
L'Amiga 4000-40 est donc présenté au World of Commodore de Pasadenas le 11 Septembre 1992. Avec son processeur 68040@25 Mhz couplé à une FPU (Floating Point Unit : Coprocesseur arithmétique) 68882, la machine embarque 6Mo de RAM (2Mo de Chip plus 4Mo de Fast), un lecteur de disquette Haute Densité (1,76Mo) et des ports Zorro III, dont la gestion a été améliorée (le DMA buggait sur le 3000). Nouvelle architecture donc nouveau couple Kickstart/Workbench, le 3.0 - puis 3.1. Station graphique puissante, l'Amiga 4000 provoque un certain enthousiasme dû notamment à l'AGA. Reste toutefois la déception de voir la disparition du scan-doubler et la substitution du SCSI-II présents dans le 3000 par un contrôleur IDE certes moins cher mais aussi moins performant (un disque dur Seagate de 120Mo est inclus en standard). C'est qu'en réalité, le 4000 est une version bridée d'un projet avorté car jugé trop coûteux, l'Amiga 3000+. Le hic surtout, c'est que l'Amiga 4000, à près de 25 000FF est jugé beaucoup trop cher.
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L'Amiga 4000, le haut de gamme de l'AGA
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Il sortira donc en parallèle, quelques mois après l'Amiga 4000-30, une version économique qui se distingue sur plusieurs points. D'abord, au revoir la FPU qui devient une option. Quand au 68040, il est remplacé par 68ECO30 (version économique du 68030) à 25Mhz. Enfin, chose moins remarquable, la Chip RAM qui était montée sur des slots SIMM est désormais soudée à la carte mère. Il semble que Commodore avait pour projet de permettre à l'Amiga 4000 d'embarquer 8Mo sur ces slots (ceci est visible grâce à un jumper sur la carte-mère), ce qui équivalait à dire que la limite de la Chip RAM allait disparaître ou tout au moins être considérablement repoussée. On peut penser que l'Amiga 4000 devait être le premier ordinateur à accueillir l'AAA, une architecture déjà en développement chez Commodore et devant remplacer à terme l'AGA. Parallèlement, et suivant l'exemple de l'Amiga 3000, sort une version de l'Amiga 4000 en tour avec plus de slots et un contrôleur SCSI-II qui refait son apparition, au côté de l'IDE.
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Malgré des ventes prometteuses, l'Amiga 1200
ne parviendra pas à relancer la machine
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Quelques semaines plus tard sort le modèle grand-public de la gamme AGA : l'Amiga 1200. Le microprocesseur est cette fois-ci un 68ECO20 (modèle économique du 68020, dénué de MMU - Memory Management Unit) à un chouillat plus de 14Mhz. Les 2Mo de RAM sont extensibles à 10Mo (jusqu'à 8Mo de Fast). Au niveau connectique, le 1200 dispose d'un contrôleur IDE 2,5", d'un slot PCMCIA 2.0 sur le côté et d'une trappe 32 bits pour les (nombreuses) cartes d'extension. L'Amiga 1200HD sera vendu avec un disque dur de 40Mo ou de 80Mo. Avec tout ça, il fait oublier le 600 et reste de loin la meilleure machine d'entrée de gamme de tous les Amiga. La principale critique à son encontre sera le choix du processeur, un "vrai" 68020 aurait été apprécié, pour un surcoût qui aurait été justifié. Mais bon, chez Commodore, on ne démord pas de l'idée de maintenir des coûts aussi faibles que possible.
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Le Workbench 3.1, dernière version du système
d'exploitation sous Commodore
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Le 1200 se vent bien, un peu trop même malgré une campagne de pub assez faiblarde. En fait, les ventes du 600 plongent littéralement alors qu'on souffre de pénurie du nouveau modèle AGA pendant quelques semaines. 44 000 modèles s'écoulent entre Octobre et Décembre 1992 ce qui permet de clôturer l'année avec une hausse de 17% du nombre de machines vendues (800 000 au total). Le flop absolu du Falcon d'Atari, beaucoup trop cher et pas assez compatible avec le ST, conforte les dirigeants de Commodore. Pour Irving Gould, Atari est définitivement enterré. Son entreprise est pourtant dans une situation financière déjà très problématique et l'année 93 verra les choses empirer.
Même si les ventes du 1200 sont bonnes (entre Octobre 1992 et Avril 1993 s'écoulent 100 000 machines), la montée en puissance des PC et l'affermissement des consoles 16 bits de Sega et Nintendo le placent dans une position très inconfortable. Moins populaires que les consoles, les Amiga ont aussi la réputation, de ne pas être des machines sérieuses et la baisse spectaculaire du prix des PC a fortement érodé la compétitivité des machines Commodore. Les éditeurs s'intéressent de moins en moins à la machine et un journaliste du magazine Amiga Power rapporte une réunion entre les différents éditeurs majeurs durant un salon : la majorité estiment l'Amiga mort et déclarent arrêter prochainement tout développement sur cette plate-forme. L'action de Commodore, qui culminait à presque 18$ en décembre 1990 est tombée à 5$.